Présentation de l’UDRP à Philadelphie, USA: 18 Novembre 2018

Présentation de l’UDRP à Philadelphie, USA: 18 Novembre 2018

L’Union Démocratique pour le Renouveau et le Progrès UDRP, en tant que Parti Politique, a marqué sa présence aux Etats-Unis d’Amérique en organisant une réunion d’information à Philadelphie, Pennsylvanie, le 17 Novembre 2018. Au cours de cette réunion à laquelle étaient invités les Guinéens de tous bords résidant aux USA, le Président du Parti, Dr. Edouard Zoutomou KPOGHOMOU a présenté sa formation politique et dans ses grandes lignes, un ramassé du projet de société envisionnée pour la République de Guinée et son peuple. En attendant de finaliser la mise en place du Bureau de la Fédération UDRP-USA, voici l’allocution prononcée par le Dr. KPOGHOMOU à cette occasion solennelle.

Mesdames et Messieurs,
Chers Invités,
Chers compatriotes,

Permettez-moi d’abord de vous remercier d’avoir répondu massivement à l’invitation de l’Union Démocratique pour le Renouveau et le Progrès UDRP « la formation politique que j’ai le privilège de piloter », à sa première rencontre du genre ici aux Etats-Unis d’Amérique, malgré vos emplois du temps chargés et vos occupations.

Je voudrais profiter de cette opportunité pour vous faire un bref rappel historique de l’apparition de l’UDRP dans le paysage politique guinéen. En effet il me plait de vous informer que le 26 Mai 2009, des guinéennes et guinéens venus de France, de Belgique, des Pays-Bas, d’Allemagne, des Etats-Unis d’Amérique et de Guinée, toutes ethnies confondues, se sont retrouvés à Conakry en Assemblée Générale constitutive pour créer l’Union Démocratique pour le Renouveau et le Progrès – UDRP -, en vue de participer à la gestion politique du pays et à l’ultime, de conquérir le pouvoir par la voie des urnes.

A cette auguste occasion, les membres fondateurs ont placé leur confiance en ma modeste personne, en me portant à la Présidence du Parti, avec mandat de mener toutes les démarches nécessaires et afférentes à son officialisation et son implantation dans le paysage politique guinéen.
Agréé le 9 Juillet 2009, l’UDRP est un parti réformateur qui entend jouer un rôle de premier plan dans la gouvernance, dans le processus de démocratisation et de développement socio-économique de la Guinée pour le bénéfice de tout le peuple.

Chers compatriotes,

Soixante années après son indépendance acquise à la faveur d’un retentissant NON au projet de la nouvelle Communauté Française le 28 Septembre 1958, la situation socio-économique de notre pays laisse toujours tristement à désirer. Toujours pas d’électricité, pas d’eau, pas d’hôpital digne de ce nom et quasiment plus de route et pour les populations en Guinée, c’est la descente aux enfers, c’est la misère qui phagocyte la société guinéenne.

Au regard du constat épouvantable dans un pays aussi riche en ressources de tous genres, mais paradoxalement si appauvri et déchiré tout au long de son existence, l’UDRP se propose de rassembler toutes les couches sociales de la nation, en vue d’ouvrir de nouvelles perspectives pour le développement de la Guinée, sur la base des principes de compétence, de bonne gouvernance, de transparence, d’équité, de solidarité, et sur des valeurs cardinales de probité morale et d’intégrité. C’est à la réalisation de ces objectifs majeurs que l’UDRP a ouvert ses portes à tous les guinéens et à toutes les guinéennes, sans exclusion aucune.

Le projet de société que propose l’UDRP au peuple de Guinée, est le résultat d’une large investigation fondée sur une analyse critique et objective de plus de soixante années de vie aléatoire et misérable imposée à ce peuple par trois régimes de terreur, d’insouciance et de corruption rampante. Ce projet dont le ramassé est consigné dans le dépliant du Parti, s’articule autour de tous les aspects de la vie qu’embrasse le peuple de Guinée dans le cadre de son développement socio-politique et économique. Il vise la valorisation de toutes les ressources du pays et la redistribution équitable des retombées financières qui en découlent, afin de conférer à chaque citoyen le droit à une vie décente et digne.

Chers compatriotes,

La Guinée traverse en ces moments, des crises profondes à répétition qui n’offrent pas un environnement adéquat pour le bien-être du peuple. La Guinée est entenaillée par des attitudes prédatrices et égoïstes qui ignorent l’intérêt général du pays et des populations. Pire, la Guinée est sous le joug d’une mafia, d’un clan dont le seul but est de continuer à faire subir aux guinéens, des atrocités de tous ordres. A cet effet, elle a besoin de la conjugaison des efforts de tous ses enfants où qu’ils se trouvent et de quelque bord politique qu’ils soient, pour lui apporter le soulagement nécessaire.

L’UDRP n’est pas né pour assouvir les ambitions personnelles et désordonnées d’un individu, ou pour servir de couverture en anticipation à d’éventuelles poursuites judiciaires dans des dossiers scandaleux du passé, encore moins pour se venger sous une forme ou une autre, d’une quelconque déception. Il est né du devoir et de la nécessité d’accomplir une mission impérieuse, tant il est vrai que le peuple de Guinée a besoin des services de femmes et d’hommes compétents et travailleurs, de femmes et d’hommes conscients et respectueux des valeurs morales d’intégrité et d’honnêteté, décidés à lui proposer une nouvelle approche, une meilleure méthode de gestion et un meilleur modèle de société. Il a aussi besoin d’hommes et de femmes qui lui permettront de réapprendre et de réécrire son histoire vraie, une histoire riche, de nos jours malheureusement enterrée sous le poids de l’incompétence, de la corruption, de la gabegie, de l’égoïsme, de l’ethnocentrisme et du népotisme.

L’UDRP n’a pas la prétention de détenir la formule magique de la bonne gouvernance, de la transparence et du respect des valeurs démocratiques. Cependant, il ose croire qu’il existe en Guinée et ailleurs dans le monde, des valeurs humaines disposées à l’aider dans ses efforts de développement du pays, dans tous les domaines.

Nous ne pouvons plus être des spectateurs impuissants ou des complices de la désintégration et de la destruction complète de notre pays. Il est important de souligner que beaucoup de Guinéens ont quitté ce beau pays en quête du savoir, du savoir-faire, et du bien être à l’étranger, avec le désir patriotique d’y retourner pour participer à son émergence. Aujourd’hui, leurs expériences représentent des acquis inestimables à mettre à contribution. C’est dans ce cadre et dans bien d’autres, que l’UDRP veut offrir le leadership nécessaire pour partager ces acquis avec toute la Guinée et tous les Guinéens sans exclusion aucune.

Il est aussi important de rappeler que les gouvernements successifs qui ont eu la charge de gérer la Guinée ont conduit ce pays dans l’abysse en le reléguant honteusement et dangereusement au rang des pays les plus pauvres et les plus corrompus de la planète, alors qu’il est potentiellement et devrait être parmi les pays les plus riches du monde.

Pendant plus de sa moitié de siècle d’existence, aucun investissement digne de ce nom n’y a été fait dans l’infrastructure routière, dans les édifices scolaires, dans l’immobilier à usage public, dans les voies ferroviaires, dans le développement industriel et dans les établissements hospitaliers. En conséquence, les Guinéens vivotent dans le dénuement le plus dégradant, avec peu ou pas de soins de santé ; ils croupissent plutôt sous un système de gouvernance qui excelle dans le mensonge, la corruption et le vol, un système de justice qui nie au peuple son droit à l’existence en tant qu’espèce humaine ayant droit à la vie, et au rêve adjacent de la poursuite du bonheur. Malgré l’apparence du contraire, ce constat est évident.

Sous le leadership éhonté et despotique du Professeur Alpha Condé et de son système de gouvernement, la Guinée est devenue un pays de non droit où la complicité et le mutisme coupables au sommet de l’Etat sont flagrants. Aujourd’hui, des hommes d’affaires sans scrupule peuvent venir piller, violer, égorger des Guinéens sans que les institutions étatiques n’en soient ébranlées. Très malheureusement, la démagogie et le mensonge se sont invités dans la gouvernance et dans le débat politique en Guinée.

Pour combattre ces fléaux, l’UDRP nourrit la forte ambition, de faire le nettoyage le plus complet du genre, pour que la Guinée soit un pays de droit et de véritable démocratie ; un pays où les choix du peuple sont respectés sans entrave et sans subordination à des élections secondaires d’antichambres et de salons, largement émaillées de fraude, de corruption et d’intimidation ; un pays où les citoyens ne seront plus humiliés et plus jamais victimes des bavures policières et des manipulations politiciennes aux conséquences meurtrières. En vérité toute la chienlit postélectorale qui secoue aujourd’hui la Guinée, est la conséquence directe des efforts du Président Alpha Condé et de son clan de se manufacturer une majorité électorale à tous les niveaux, qui pourra l’aider dans son rêve chimérique de poursuite d’un troisième mandat. Soyez assurés que l’UDRP s’opposera à ce projet par tous les moyens légaux.

Plus que jamais, l’heure est venue pour les Guinéens de tous bords, de se lever comme un seul homme, loin des querelles intestines et partisanes, avec l’idée maitresse de catalyser les efforts d’apaisement et de pacification, pour apporter l’espoir, la stabilité, la sécurité à notre pays. C’est en raison de cet appel pressant que l’UDRP se bat, pour éduquer notre peuple et pour se positionner comme la seule alternative crédible de gouvernance, en vue de venir au secours de ceux qui sont laissés pour compte et abandonnés à leur propre sort.

Si le peuple embrasse son projet de Société, l’UDRP promet de redresser l’économie de disette cyniquement entretenue depuis belle lurette par les administrations budgétivores qui se sont succédées à la tête du pays, surtout par celle du Professeur Alpha Condé. L’UDRP en a les capacités techniques et professionnelles ainsi que toute l’expérience et le leadership nécessaires.

En ce 21ème siècle, seules des institutions politiques fortes, capables, fiables et transparentes, favoriseront le décollage effectif de notre pays. La Guinée a besoin d’un parlement fort, qui s’interpose comme un contrepoids contre les dérives du gouvernement pléthorique et incompétent du Président Alpha Condé. Elle a aussi besoin des forces de sécurité honnêtes et républicaines, d’un système judiciaire indépendant, d’un système éducatif performant, d’une presse libre, accessible et indépendante, d’un secteur privé dynamique et compétitif, d’une société civile active et visionnaire, seuls gages de la démocratie réelle. Ce sont là des reformes prioritaires qui sont bien évidemment des actions ciblées par l’UDRP.

Avec la confiance du peuple, l’UDRP s’inscrira résolument dans la logique de transformation de la Guinée en un vaste chantier de projets prioritaires de développement. A ce titre, les revenus de l’exploitation de nos richesses minières seront mis à contribution pour construire en premier lieu, des routes d’accès à toutes les sous-préfectures du pays, carrossables en toutes saisons. En effet, le développement véritable commence par les voies de communication pour l’accélération des échanges de tout genre, surtout dans un pays à vocation agricole comme la Guinée. A ce point de vue, l’expérience des pays développés nous offre des références historiques fiables.

Dans l’axe de ses priorités, l’UDRP entreprendra ensuite la construction de micro-barrages sur les sites énergétiques inventoriés sur toute l’étendue du territoire national pour garantir non seulement la fourniture d’électricité au niveau local, mais aussi pour favoriser la construction d’une grille nationale d’interconnexion électrique et résoudre définitivement le problème du manque criard d’électricité en Guinée et son corollaire de délestages intempestifs.

Avec le leadership de l’UDRP, l’Etat entreprendra concomitamment un vaste programme de construction de nouvelles infrastructures sanitaires et de modernisation, d’expansion des unités existantes, afin de doter chaque préfecture d’un hôpital digne de ce nom. Les prêts octroyés à l’Etat dans le cadre des échanges de ressources minières contre infrastructures, seront mis à profit pour la couverture financière de ces projets spécifiques. C’est simplement honteux de voir les Guinéens se rendre à Dakar, Bamako, Abidjan etc. pour se procurer les soins médicaux les plus élémentaires.

Pour la toute première fois en Guinée, l’UDRP entérinera une démarche parlementaire afin que la structure du gouvernement réponde désormais à des impératifs conjoncturels et à des exigences contemporaines et non à l’humeur d’un Président, si puissant fut-il. Ainsi, le nombre, la désignation et l’organigramme des départements ministériels ainsi que les changements à y apporter seront préalablement votés et adoptés à l’Assemblée Nationale et promulgués par le Président de la République. Tout changement y afférent suivra la même démarche parlementaire.

Pour promouvoir l’entente, la paix et la concorde entre les communautés, l’UDRP envisagera entre autres, la création d’un ministère des croyances religieuses et des cultes. Dans un souci de garantir la laïcité de nos institutions, ce département englobera indistinctement toutes les confessions religieuses, à savoir: les Catholiques, les Mormons, les Protestants, les Baptistes, les Pentecôtistes, les Adventistes, les Musulmans et beaucoup d’autres religions et croyances existant en Guinée. Il sera créé en son sein un Conseil Interreligieux dont la vocation sera d’animer et de promouvoir l’entente et la tolérance afin d’éviter les conflits religieux, recrudescents en Guinée de nos jours. La motivation civique de l’UDRP consistera surtout à remettre la morale, le sens d’éthique politique et l’amour du prochain, au centre de ses préoccupations sociales.

En Guinée, le chômage a atteint des proportions alarmantes avec pour corollaire un accroissement exponentiel de la précarité, de la misère et de l’insécurité. Pour créer davantage d’emplois et arrêter systématiquement ce fléau chronique qui affecte disproportionnellement la jeunesse, l’UDRP comptera sur les investissements avec l’aide de capitaux étrangers et nationaux, ainsi qu’avec l’aide des subventions d’Etat pour la promotion de l’entreprenariat. Néanmoins, ces efforts doivent être accompagnés par une sérieuse action de moralisation et de changement de mentalité des hommes politiques et autres agents de l’Etat, ainsi que des populations elles-mêmes.

Au cours des dix années écoulées, beaucoup d’investisseurs étrangers du Canada, des Etats-Unis d’Amérique, d’Australie, d’Europe, et d’ailleurs, sont rentrés chez eux, au terme d’un séjour d’affaires en Guinée, déçus de la non existence d’un climat propice aux investissements et parce que l’autorité, et ceux qui exercent une parcelle d’influence, leur ont exigé des paiements de commission allant jusqu’à plus de 30% des montants des capitaux à investir.

L’Union Démocratique pour le Renouveau et le Progrès prend l’engagement solennel devant le peuple de Guinée, et devant la communauté internationale, de combattre ce fléau et cette mentalité du gain facile. Ainsi, tout agent de l’Etat et toute personne physique ou morale, investis des prérogatives de la puissance publique, coupables d’actes de barbarie financière constituant des crimes économiques, seront jugés, et châtiés dans toute la rigueur des lois nationales et internationales.

En résumé :

• L’UDRP s’engage pour un leadership au service de toute la Guinée dans le rassemblement pour l’UNION, l’égalité pour la JUSTICE, le travail pour le DEVELOPPEMENT.

• Sa mission fondamentale est de promouvoir la démocratie véritable et le développement socio-économique pour le peuple de Guinée et de promouvoir enfin la redistribution équitable des retombées financières et matérielles issues des projets de développement.

• Sa conviction profonde est de fonder le développement et la gestion de la chose publique sur la promotion des valeurs de compétence, d’intégrité, de transparence, d’honnêteté et d’égalité des ethnies et des sexes.

• L’UDRP est déterminé à faire de la libre entreprise concurrentielle le seul moyen de création de la richesse et de la prospérité, avec cependant des garanties de promotion et d’accompagnement de l’initiative privée, ainsi que de la sécurité des personnes et des biens.

• Le rêve du Parti est de créer un Etat de droit et de paix, où la justice et le développement socio-économique sont au service de tous les citoyens sans distinction d’ethnie, de sexe, d’appartenance régionale et d’orientation politique. L’UDRP ambitionne tout autant de redorer l’image de marque de la Guinée dans le monde, afin qu’elle réémerge comme un partenaire et un interlocuteur digne de confiance.

• Finalement, l’UDRP est le parti dont la vision et le projet de société nourrissent les appétits tangibles de développement de la Guinée, en dépit de l’intoxication à dessein de ceux qui, dans un passé encore récent, ont prouvé et montré les limites de leur capacité de travail, avec un égoïsme et une cupidité insatiables, assortis d’une froideur qui frise la haine envers le peuple.

Avec le vœu ardent que vous vous joindrez à l’UDRP pour sortir la Nation de son marasme pluriel, je prie sincèrement que Dieu bénisse abondamment la République de Guinée et son peuple!

Je vous remercie !

Edouard Zoutomou KPOGHOMOU, Ph.D.
Président de l’Union Démocratique pour le Renouveau et le Progrès.

Démocratie : Version Guinéenne

Démocratie : Version Guinéenne

Mr. Le Président,

La démocratie est un système politique dans lequel le peuple exerce le pouvoir et tout le pouvoir à travers des représentants désignés ou élus au suffrage universel. Sur la base de cette définition, elle obéit à des principes directeurs parmi lesquels, la liberté des individus, la règle de la majorité, la séparation des pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire), la pluralité des partis politiques, la consultation régulière du peuple, fondamentalement l’existence d’une constitution et d’une juridiction associée qui est le conseil constitutionnel, et enfin l’indépendance de la justice. En l’absence d’un seul de ces principes, la démocratie devient boiteuse, haletante, une pseudo-démocratie, et même une « Condécratie » ou une dictature. C’est le cas présentement en Guinée, sous votre haute et auguste autorité.

Mr. Le Président,

La démocratie véritable commence et finit par le respect de la volonté du peuple dans tous ses compartiments, suite à des consultations électorales. Nous ne sommes plus dans une démocratie lorsque les lois électorales votées favorisent un réaménagement calculé des listes électorales communales et conduisent à une remise en cause des résultats des scrutins, sous l’influence des interventions intempestives de ministres de votre gouvernement et autres commis de l’Etat dans ses démembrements les plus reculés, qui pour sauvegarder les strapontins que vous leur avez gracieusement offerts sans qu’ils ne les méritent, qui pour revenir dans vos bonnes grâces, n’hésitent nullement à recourir à des pratiques répugnantes d’un autre âge. Peut-on alors parler de démocratie dans ces conditions? Je ne pense pas!

En démocratie réelle, une équipe qui gagne est une équipe qui gouverne, même si au besoin elle peut faire appel à des compétences externes pour étoffer ses capacités. Lorsque les résultats d’élections communales sont manipulés dans des élections secondaires « d’antichambres » où vos agents sont encore plus omniprésents, avec tous les moyens de corruption et d’intimidation que vous mettez à leur disposition, c’est un véritable complot ourdi contre le peuple pour mettre en cause ses choix. L’Assemblée Nationale qui continue à voter ces lois, est malheureusement acquise à votre cause, elle qui devrait normalement servir de contrepoids aux abus de votre pouvoir. Elle ne joue donc pas son rôle.

L’exemple le plus récent du jeu politique que vous faites avec brio en Guinée, c’est le réaménagement intervenu il y a juste quelques jours dans la représentativité des Partis politiques au niveau des structures de la CENI. Avec votre onction, le RPG, l’UFDG et l’UFR ont enrôlé l’Assemblée Nationale pour exclure les autres formations politiques de la gestion de la CENI sur des bases très irrationnelles, voire même illégales. Imaginez l’absurdité du raisonnement si par analogie, la FIFA décidait d’exclure les « petites Nations » de la gestion participative du football mondial, parce qu’elles n’ont simplement pas participé aux trois ou quatre dernières phases finales de la coupe du monde. Il est donc évident qu’exclure des Partis politiques de la gestion quotidienne de la CENI sous le fallacieux prétexte qu’ils n’ont pas participé aux deux dernières élections présidentielles révèle une déplorable incongruité. Du fait de leur existence légalement reconnue, tous les partis politiques se valent juridiquement ; ils méritent tous d’être respectés, qu’ils aient participé ou pas à des élections présidentielles. Sachez Mr. Le Président, qu’aucun Parti politique ne naît grand, même pas le vôtre, le RPG !

En fin connaisseur de la psychologie de l’africain noir en général, et celle du guinéen en particulier, vous avez réussi à museler ceux de vos opposants que vous connaissez bien pour les avoir côtoyés pendant si longtemps. Au regard du jeu politique organisé à l’Assemblée Nationale sous vos auspices, je soutiens haut ici que le RPG, l’UFDG et l’UFR sont des partis alliés qui travaillent pour maintenir le Peuple de Guinée dans l’obscurantisme politique le plus abject, au profit de leurs intérêts respectifs. Il a simplement suffi de coller à l’un et à l’autre, sinon aux deux leaders, un titre, un bureau, des véhicules de service, et qui plus est, de leur attribuer une ligne budgétaire sous une forme ou une autre, pour leur faire changer d’hymne. Par le jeu du nombre de sièges de l’UFDG et de l’UFR à l’Assemblée Nationale, le complot ourdi avec la complicité du RPG pour éliminer les autres formations politiques des structures de la CENI, renforce ma conviction que l’UFDG, l’UFR et le RPG ne travaillent que pour la sauvegarde des intérêts matériels acquis pendant le passage de leur leader au sommet de l’Administration Guinéenne.

Avec votre diligence et sous le couvert de l’Assemblée Nationale, c’est une bagatelle d’un milliard et demi de nos francs que l’UFDG tire des caisses démunies de l’Etat, chaque trimestre. Comment peut-on alors dédouaner le leadership de l’UFDG de la misère avilissante que vit le peuple de Guinée? En faisant l’économie de ces émoluments, et en sus de votre budget astronomique de souveraineté ou de fonctionnement de plus d’un milliard de nos francs chaque jour que Dieu fait, l’on peut à tout le moins, construire des écoles, des centres de perfectionnement et de réorientation professionnels pour les jeunes que vous avez mis au chômage, des centres de santé, des ponts et pistes en zone rurale, entretenir ou construire des routes, etc. Je suis certain que vous moquez de la naïveté de vos alliés, pour avoir réussi à les associer votre gestion et aux responsabilités qui en découlent. Vous riez sans doute à gorge déployée toutes les fois que certains évènements politiques les obligent à feindre de s’opposer à vos programmes. En tout état de cause, je les associe sans état d’âme au passé économique désastreux de notre pays, et au bilan globalement catastrophique des sept dernières années, que vous êtes en passe de léguer au Peuple de Guinée et à la jeunesse guinéenne.

Mr. Le Président,

Les signes de votre propension à briguer un troisième mandat se précisent de plus en plus. En contraste avec le silence de carpe que vous maintenez toujours autour de cette question, tout porte à croire que c’est bien vous qui menez maintenant les démarches en personne. Récemment, vous étiez en Mauritanie pour solliciter l’appui satanique de marabouts berbéro-touaregs dans l’exécution de votre projet politique. Je vous décerne avec déférence la médaille d’or en « magouille électorale » pendant que vous êtes à pied d’œuvre pour subtiliser les votes que vous n’avez pas gagnés pendant les communales, afin de vous reconstituer une nouvelle Assemblée Nationale beaucoup plus acquise à votre cause, celle qui aura l’ignoble charge de faire sauter les dispositions constitutionnelles qui font obstacle à vos nouvelles ambitions présidentielles. Sachez simplement que le peuple de Guinée vous tient à l’œil. Son réveil sera brutal et sa riposte sans appel, si vous ne choisissez pas la voie de la sagesse.

Respectueusement,

Dr. Edouard Zoutomou KPOGHOMOU

Président de l’UDRP

Hypocrysie ou Entêtement: 04 Novembre 2018

Hypocrysie ou Entêtement: 04 Novembre 2018

Monsieur le Président,

Il y a de cela un peu plus de deux décennies, vous écriviez à Lansana Conté, votre prédécesseur reculé, pour fustiger ses pratiques anti-démocratiques. Ironie du sort, vous avez aujourd’hui épousé tous les maux reprochés au Président Conté qui demeure cependant, le père du multipartisme démocratique en Guinée. Pire, ces maux et leurs dérivées sociales et politiques, vous les avez scientifiquement développés. Aujourd’hui, vous êtes devenu le symbole du totalitarisme, de la dictature, de la répression sanglante et de l’instauration progressive du « condéisme », cette lugubre doctrine politique de Parti-Etat-RPG, dans votre quête effrénée d’un troisième mandat. Jetez un regard sur la chienlit qui existe en Guinée à Boké, à Kindia, à Siguirini, à Nzoo, au sortir d’élections communales émaillées de corruption, de fraudes massives, de violence, que vous seul pouvez décrire de « démocratiques et transparentes ». A mon sens, il existe franchement une bonne dose d’hypocrisie au simple contraste de vos critiques d’alors à votre comportement politique de ces temps.

Verbatim, voici votre écrit, tel que retrouvé dans les annales de l’histoire :
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Monsieur le Président,

L’histoire est en marche inexorable, imposant à chaque peuple et à chaque nation ses lois implacables. Tel le soleil, il n’est donné à aucun dirigeant quelque charismatique, ou manœuvrier qu’il soit d’en empêcher l’avènement et l’éclat. Plus on s’efforce en de veines gesticulations de s’opposer au lever du soleil, à l’affirmation de la vérité, plus on a de chance de se brûler les doigts et le visage donc de s’écarter de la voie de la raison en se rapprochant d’autant de celle de la perdition.

Le soleil, la vérité et l’histoire se confondent aujourd’hui en une seule et unique réalité qui a pour nom « Démocratie ». Le monde en général et l’Afrique en particulier se sont engagés dans un processus devenu irréversible parce qu’impliquant la conscience de peuples trop longtemps tenus à l’écart de l’assomption de leur destin quand bien même leurs dirigeants prétendant gouverner à leur nom. Le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple a servi d’alibi pour maints gouvernements pour ballonner leur peuple, s’enrichir sur son dos et le réprimer pour soi-disant maintenir « l’ordre » en fait pour se maintenir pendant des décennies au pouvoir pour le plus grand malheur du peuple.

Aujourd’hui les peuples se réveillent, revendiquent leur véritable place dans la détermination et la définition du système de gouvernement qu’ils entendent se donner, exigent la construction de garde-fou pour limiter dans le temps et dans l’espace les pouvoirs et les appétits de leurs gouvernants afin de se prévenir à jamais contre les pouvoirs solitaires, autocratiques, dictatoriaux qui ont réduit maintes nations à l’état de mendicité tant le dénuement est incommensurable. En voulant s’assumer désormais en se donnant les dirigeants de leur choix, les peuples instaurent partout le seul système à même de respecter cette volonté du peuple : La Démocratie.

Monsieur le Président,

L’histoire n’a d’intérêt que si sa lecture et son analyse permettent d’en tirer des leçons bénéfiques. Les événements qui se déroulent sur notre continent depuis 1990 et en ce début de 1991 sont pleins d’enseignements. Tous les pays, un à un, chacun selon son style et ses modalités propres empruntent le chemin de la démocratisation qui implique l’instauration du multipartisme intégral, l’organisation d’élections libres afin de permettre au peuple de choisir ses dirigeants à tous les niveaux (Président de la République, députés, Maires des Communes Urbaines et rurales…).

Mais comme le faisait remarquer un journaliste de RFI récemment, chacun des pays qui se sont engagés dans le processus de démocratisation y est parvenu à la suite d’émeutes sanglantes avec leurs lots de morts, de blessés et de handicapés à vie. Ce processus n’est pas une fatalité. Tout dépend des dirigeants. S’il ya chez eux la sincère volonté d’engager leur pays dans la voie de la démocratisation, la voie de la violence aveugle peut être évitée.

Monsieur le Président,

Il n’est pas nécessaire que les Guinéens paient leur tribut en morts et en blessés par dizaines pour qu’ils aient le droit de goûter aux délices de la démocratie universelle. Vous pouvez, si vous le voulez, faire éviter à notre pays et à notre peuple l’hécatombe que ne manquera de provoquer votre refus prolongé de procéder à l’ouverture démocratique dont un moment, vous vous étiez fait le pilonnier en Afrique lorsqu’en 1989 vous annonciez le bipartisme pour la Guinée.
Mais depuis, vos promesses se sont réduites comme une peau de chagrin pour s’évanouir au travers d’une Loi Fondamentale qui ne donne de chance aux Guinéens d’être au diapason démocratique que dan 5 ans.

La Loi Fondamentale, tout comme les récentes élections municipales organisées à Conakry apparaissent ainsi comme des manœuvres pour retarder l’avènement du multipartisme en Guinée tout en donnant l’impression de donner la parole au peuple pour le choix de ses dirigeants municipaux.

Toute manœuvre, aussi subtile soit-elle qui tendrait à occulter la réalité afin d’échapper à un processus irréversible ne peut qu’accroitre, en l’aggravant, l’impatience de notre peuple.

Monsieur le Président,

Diriger c’est prévoir, c’est dans tous les classiques de Sciences politiques. Vous devez prévoir au regard de ce qui se passe autour de la Guinée et dans le monde (toutes choses qui influencent directement les événements internes à la Guinée) jusqu’où peut aller l’acceptation par notre peuple de la plate-forme actuelle qui lui est imposée par la Loi Fondamentale dont nous avons dénoncé en son temps les conditions « d’adoption » dans un vote où la fraude était la règle et la régularité l’exception. Mais là ne se situe pas notre propos d’aujourd’hui.

Notre propos est de vous amener à une claire vision des réalités auxquelles il serait souhaitable que vous vous adaptiez au plus vite afin que l’Histoire, bien triste il est vrai, de certains pays voisins ne se répète pas en Guinée.

Vous avez dû mesurer ou conduit l’entêtement de certains de vos anciens collègues aujourd’hui rejetés par leur peuple et promis au jugement impitoyable de l’Histoire. L’exemple est à méditer.

Monsieur le Président,

Les Guinéens seraient-ils trop tard venus sur la scène politique pour qu’on leur serve la Démocratie à dose homéopathique ? Les Guinéens seraient-ils si immatures pour qu’on leur fasse un stage politique de 5 ans à une Ecole de la Démocratie ? Les Guinéens seraient-ils si peu aptes à assimiler les leçons de démocratie qui faille craindre pour eux les dérapages qui ne se sont pas produits ailleurs ? A toutes ces questions, la réponse est évidement « non ».

Dans l’hypothèse, hautement improbable, où les Guinéens accepteraient d’attendre 5 ans encore pour accéder au multipartisme et aux élections libres, leur pays, en 1995, appartiendrait à la préhistoire de l’Afrique, et ressemblerait à une sorte de fossile politique juste bon pour être cité comme contre-exemple des pays qui avancent sur le chemin du progrès.

Les Guinéens n’attendront pas 5 ans, Monsieur le Président. Vous le savez et vous pouvez prévenir les soulèvements qui vont exiger du pouvoir la Démocratie pluraliste.

Le bon dirigeant est celui qui évite les malheurs à son peuple en restant à son écoute. Vous pouvez et devez éviter que les morts de novembre 1990 ne soient le ferment de soulèvements autrement plus importants qui deviendront inévitables si le pouvoir s’enferme dans une logique antipopulaire.

Monsieur le Président,

En termes simples, la balle est dans votre camp. A vous de jouer. La Guinée et le reste du monde vous observent.

Pour le R.P.G
Le Secrétaire Général
Alpha CONDE
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Sans commentaire, Mr. le Président !!!

Edouard Zoutomou KPOGHOMOU, Ph.D.
Président de l’Union Démocratique pour le Renouveau et le Progrès.