Demande de Soutien au Syndicat des Enseignants

Demande de Soutien au Syndicat des Enseignants

Peuple de Guinée,

Le 10 Mars, 2018 et pour la première fois depuis le déclenchement de la grève du syndicat des enseignants, j’avais au nom de l’UDRP, fait à l’intention du Président de la république, des propositions de sortie de crise que je considerais raisonnables. Le 9 Juillet 2018, ces propositions avaient été adressées à nouveau au chef de l’Etat, avec une mention de reconnaissance pour l’élargissement des solutions partielles à tous les travailleurs. Dans le souci d’amorcer un dialogue constructif, je me reprends encore tout en invitant tout le peuple de Guinée à evaluer les propositions que j’avais déjà faites à deux reprises depuis le début de la grève des enseignants:

« Voici trois propositions concrètes de sortie de crise qui sont toutes à votre portée:

1) Accepter de satisfaire les exigences du syndicat des enseignants et annoncer un calendrier beaucoup plus raisonnable pour le paiement des arriérés de salaire. A cet effet, il vous faudra renoncer immédiatement à votre pactole de souveraineté d’un milliard par jour pendant trois mois seulement, pour générer suffisamment de ressources afin de satisfaire les demandes légitimes des enseignants. C’est la grève des enseignants qui a servi de détonateur à la vague de manifestations qui secouent présentement le pays.

2) Accélérer une refonte radicale du gouvernent actuel afin de calmer les ardeurs et de créer ainsi une atmosphère de détente favorable à de nouvelles négociations. Cet acte démontrera que vous êtes à l’écoute du peuple contre lequel vos méthodes policières fortes ne feront rien pour le dissuader dans sa détermination.

3) Annoncer publiquement vous même que vous n’êtes pas intéressé à briguer un troisième mandat afin de couper court à toutes les rumeurs qui portent en elles des germes de déstabilisation qui pourraient être une arme fatale contre votre pouvoir, si vous vous entêtez à maintenir un flou (devenu clair) sur vos intentions réelles. Ceci serait un signal très fort que vous respectez les termes de la constitution qui limite votre pouvoir à deux mandats.
Ne laissez pas la Guinée brûler car le verdict de l’histoire ne vous le pardonera pas »
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Aujourd’hui, force est de reconnaitre que la capitulation unilatérale que le gouvernement exige des syndicalistes pour entamer des négociations, n’est pas favorable au climat de confiance et de bonne foi indispensables pour une table ronde de recherche de solution durable à la crise. L’histoire des crises métamorphosées en conflits armés nous enseigne que c’est sous le crépitement des armes que les cessez-le-feu se négocient. Sans embage, il me revient de constater que dans ce conflit qui compromet dangereusement l’éducation de nos enfants, le gouvernement n’est pas de bonne foi dans la recherche d’une solution acceptable par les parties en conflit.

La méthode forte conduira à une solution certes, mais celle-ci ruminerait des germes de mécontentement et d’instabilité liés à la non satisfaction d’un camp ou d’un autre. Objectivement, je suis de ceux qui pensent que le salaire revendiqué par les enseignants est simplement une réaction au pactole astronomique toujours en croissance de plus d’un milliard de GNF par jour, que la Présidence de la république s’offre gracieusement pour satisfaire la voracité financière de la pléthore de ministres formant les gouvernements parallèles au sommet de l’Etat. Pour ma part, je continue de croire que la réduction du train de vie de l’Etat,et l’instauration d’un climat d’austerité à la Présidence de la république garantiront une solution durable à cette crise. J’invite le peuple à user de tous les moyens de pression à sa disposition pour soutenir le syndicat des enseignants et faire fléchir le gouvernement guinéen.

Il n’est pas encore tard; il pourrait l’être bientot!

Dr. Edouard Zoutomou KPOGHOMOU
Président de l’UDRP