Discours Convention CSDF au Canada 24 Juin 2018

Discours Convention CSDF au Canada 24 Juin 2018

Honorables Invités,

Mesdames et Messieurs,

Chers compatriotes du Conseil Supérieur de la Diaspora Forestière,

Permettez-moi d’abord de vous remercier d’avoir répondu massivement à l’invitation du CSDF à sa deuxième convention, malgré vos emplois du temps chargés et vos occupations.

Je n’oublierai surtout pas, de lever le chapeau à la dynamique commission d’organisation qui a su efficacement créer toutes les conditions d’accueil pour le déroulement de la présente convention.

Je ne vous apprendrai rien en disant que le CSDF est un groupement associatif de compatriotes ressortissants de la Guinée Forestière et sympathisants résidant dans les quatre coins du monde. Tel que conçu, il jouit d’une structure apolitique, laïque et sociale. Il est important de souligner que le CSDF n’est pas un parti politique déguisé avec un calendrier politique obscur pour, de façon partisane, soutenir un quelconque candidat aux prochaines échéances électorales en Guinée.

Cependant et en dépit de son caractère apolitique dans sa structure et dans son fonctionnement, le CSDF vit par ricochet les réalités politiques, économiques et sociales de la Guinée en général et de la Guinée Forestière en particulier, à travers les multiples contacts qu’il maintient avec ses antennes locales. Il est donc de son devoir de s’impliquer impérativement dans les discussions de politique générale et de bonne gouvernance qui affectent directement les populations dont les intérêts lui tiennent à cœur.

Chers compatriotes,

Malgré les vicissitudes de la vie dans nos pays d’accueil, et du fait des réussites qui se multiplient au fil des ans, je me réjouis fortement que le cordon ombilical et patriotique qui nous lie à notre Nation et a notre région natale reste encore très fort.

Nous démontrons éloquemment toutes les fois que notre communauté en Guinée a eu besoin de nous, surtout pendant les périodes de crise. En dehors de ces interventions ponctuelles, l’illustration la plus éloquente de notre participation permanente au développement du pays, c’est à travers nos financements familiaux, sociaux et économiques.

Nous le démontrons tout aussi en allant à la recherche du savoir et de l’expérience partout où nous nous trouvons, afin de mieux nous armer pour apporter au pays, des capacités et compétences renforcées dont il a cruellement besoin.

A ce titre, nous avons la double responsabilité de représenter l’image de notre pays, de ses communautés en Guinée Forestière, et celle de partager avec ceux restés au pays les expériences et bonnes pratiques acquises dans nos pays d’accueil.

Cette double dose de responsabilité est la résultante de nos comportements et surtout de nos réussites. Que nous en soyons conscients ou pas, nous donnons aux personnes que nous côtoyons, l’image de la Guinée d’aujourd’hui et surtout de celle de la Guinée de demain.

Bref, nous avons développé des compétences complémentaires et assimilé des connaissances spécifiques. Par conséquent, nous sommes et pouvons être des acteurs de développement, dans le sens plein du terme.

Il ne nous reste donc qu’une chose à faire: s’unir et agir ensemble dans le respect de soi et des autres, dans la convivialité, dans le sérieux de nos débats et de nos actions subséquentes, surtout devant la complexité et la multiplicité des problèmes auxquels nous sommes confrontés.

Chers compatriotes,

Au-delà des mots, nos efforts d’unification doivent d’abord traduire un comportement. Ayons le courage de le dire ! Non seulement nos interactions sur les plateformes médiatiques du CSDF sont souvent empreintes de légèretés, mais elles sont surtout souvent dominées par des questions marginales d’ordre individuel qui éclaboussent  l’importance des sujets relatifs au développement de la Guinée en général et de la Guinée Forestière en particulier.

Par moments et très souvent d’ailleurs, on assiste à des échanges au vitriol qui empoisonnent nos relations interpersonnelles que l’on transpose éperdument sur nos plateformes où devraient avoir lieu des débats sérieux sur des questions sérieuses. Retenons simplement que la quintessence de l’image que nous projetons déterminera dans la plupart des cas, l’estime et la considération que nous commanderons chez nos interlocuteurs, nos sympathisants et nos futurs partenaires.  Nous sommes tous des frères et sœurs ; nous sommes des ambassadeurs de nos valeurs culturelles, des pionniers et des artisans de la réconciliation nationale. Je vous invite tous à épouser le respect des positions antinomiques, l’amour d’autrui et la tolérance, qui sont des marques humaines de grandeur morale.

A l’unisson, nous propulserons tous le CSDF et le mettrons sur orbite afin qu’il ait son mot et sa place dans la définition de la politique de gouvernance, de maintien de la paix et dans la définition de ses priorités par rapport à nos objectifs fondamentaux.  

Chers compatriotes,

La Guinée traverse des crises profondes à répétition qui n’offrent pas un environnement adéquat pour le bien-être du peuple. A cet effet, elle a besoin de la conjugaison des efforts de ses enfants ou qu’ils se trouvent et de quelque bord politique qu’ils soient pour lui apporter le soulagement nécessaire.

Vu l’importance des nombreux chantiers qui nous attendent, nous devons mettre en place des commissions de réflexion, chacune spécialisée dans un domaine spécifique, gérée par un ou plusieurs spécialistes en la matière. Les domaines d’intérêt devraient impérativement inclure entre autres:

  1. La création d’un état de droit, de justice et d’une démocratie qui respecte les libertés civiles et les droits humains,
  2. Le développement économique et social assorti de tout l’outillage infrastructurel adéquat garantissant la bonne gouvernance, les échanges et la responsabilité régalienne de l’Etat,
  3. La redistribution équitable des retombées financières de l’exploitation des ressources du pays,
  4. La construction d’un système éducatif performant qui vise l’excellence dans la formation à tous les niveaux,
  5. La rénovation, la modernisation et l’expansion du système sanitaire post-Ebola, en adéquation avec les besoins réels des populations,
  6. La réinsertion de la diaspora dans la vie nationale.

A l’effet d’une telle vision, je voudrais d’abord encourager tous nos frères et sœurs du CSDF, à ne pas se soustraire de leurs obligations de membres statutaires et sympathisants pour un départ. Nos cotisations statutaires et dons renforcent les capacités fonctionnelles du CSDF et lui impulse l’élan et la vitalité nécessaires pour entreprendre des projets plus ambitieux.

Avec un peu plus d’ambition, je voudrais proposer la création d’un fonds d’investissement ou d’une banque d’investissement du CSDF en Guinée pour accompagner et stimuler les projets professionnels issus de nos  commissions de réflexion et plus tard des entreprises locales.

A défaut de nous organiser à l’interne pour l’accumulation du capital comme d’autres organisations de la diaspora, il nous faudra concevoir et élaborer des plans de business suffisamment étoffés à l’intention des  institutions financières d’accompagnement, afin de solliciter leur concours dans la mise en route de ces différents projets.

Nul doute, ces projets seront des créateurs de richesse qui dans la plupart des cas, aideront à résoudre les problèmes de pauvreté extrême à l’origine des crises politiques et sociales récurrentes en Guinée.

Chers compatriotes,

Le CSDF a besoin d’adopter une vision transformationnelle en changeant ses méthodes de travail. Il ne doit plus accepter d’être un spectateur dans les grandes décisions qui affectent la vie de la nation et plus particulièrement celle de la Guinée Forestière.

Vive la Diaspora Guinéenne,

Vive le Conseil Supérieur de la Diaspora Forestière,

Je vous remercie !

Dr. Edouard Zoutomou KPOGHOMOU